La transhumance traditionnelle …

 

C’est quoi la transhumance ?

La transhumance une pratique ancestraleLa transhumance est une pratique attachée aux contrées chaudes et sèches de Provence.
Dans les faits, il s’agit de déplacer des moutons en début d’été depuis des plaines ou des plateaux qui n’offrent plus suffisamment de nourriture jusqu’en montagne où l’herbe reste abondante pendant la saison chaude.
La transhumance commence aux environs du 10 juin; les troupeaux retournent entre le 1er et le 10 octobre.

La transhumance traditionnelle se fait à pied.
Dans le Haut Var, 3 bergers perpétuent encore cette pratique.
La plupart des éleveurs ont opté pour le transport par camions. Transhumer à pied n’est pas une question d’économie.
Marcher pendant une douzaine de jours, nourrir une dizaine d’accompagnateurs, sans oublier le fourrage à prévoir à chaque étape, est aussi coûteux que transporter les bêtes en un jour par camion.
Par endroits, certains préfets, à la demande de certains maires, n’autorisent plus la transhumance traditionnelle.

Quelques irréductibles se font une haute idée de leur métier.
Ils veulent maintenir vivante une pratique ancestrale.
Ils sont le fleuron de la vie pastorale.
Rendons-leur hommage !

Au loin, résonnent les sonnailles !

Ils arrivent !
Au loin, résonnent les sonnailles.
L’air se charge d’électricité, les gamins courent vers la route,
Le bruit se précise, l’excitation grandit. Vite ! L’appareil photo !
Une présence puissante et multiple se rapproche.
Ça y est ! à la sortie du virage, surgit le troupeau, fort de plus d’un millier de bêtes.
Voiture avec gyrophare, à l’avant, à l’arrière, de petits hommes orange s’agitent, ils houspillent les chiens, du geste, de la voix.
Conduire cette vague déferlante n’est pas une mince affaire.
Les chemins traditionnels, drailles et carraires sont souvent rétrécis et parfois privatisés.
Dans ce cas, le troupeau doit emprunter la route.
Les automobilistes se frayent un passage.
Ils se sentent à l’étroit dans leur habitacle, partagés entre irritation et fascination.

Car le troupeau fascine…

Peu de bêtes s’en distinguent.
Seules quelques chèvres, les « roves » aux longues cornes, caracolent sur les côtés. Le troupeau fait masse. Il en impose. Il semble être un long fleuve tranquille ou tumultueux que les bergers se contenteraient de suivre. C’est, en fait, le signe d’un troupeau mené de main de maître. L’homme est le patron. Il dirige, mais reste à l’écoute. Il prend les bonnes décisions en accord avec ses bêtes. Il les respecte.

Elles se reposent le jour pendant la forte chaleur. Elles marchent de nuit ou bien à la fraîche. Se déplaçant à leur rythme, elles peuvent progressivement s’adapter à l’altitude.
Couchage à la belle étoile ou sous tente. Les véhicules transportent le matériel et l’intendance. Les espaces de pacage sont prévus et organisés auprès des agriculteurs et des communes.

Le berger doit gérer le vieil antagonisme entre nomades et sédentaires. Il lui faut être diplomate et déterminé, surtout avec les nouveaux arrivants venus des villes qui, une fois le charme bucolique passé, découvrent que les brebis ne dédaignent pas leurs parterres de fleurs.

Transhumer à pied n’est pas choisir la facilité, mais c’est la noblesse du métier.

La vie à l’alpage

Fin Juin, les transhumants sont arrivés. Des centaines de troupeaux de moutons peuplent les Alpes du Sud. On compte jusqu’à cinq cent mille têtes.

Un berger reste à l’estive. Il habite dans une cabane ou dans un refuge. Une à deux heures de marche le sépare du dernier village de la vallée. Le ravitaillement, le bois, la nourriture des chiens sont montés à dos d’âne. Un voyage de sel pour la saison est effectué par hélicoptère. Au coucher du soleil, les sentiers sont déserts.
Le pastre se retrouve souvent seul.
Il garde un grand troupeau de 2000 bêtes, réunissant souvent plusieurs troupeaux appartenant à différents propriétaires. Il a, dans ce cas, plusieurs employeurs.

Les terres de pacage sont louées aux municipalités, mais le berger les partage avec les randonneurs qui se trouvent parfois obligés de contourner un troupeau au repos sur le GR!

Le berger a l’entière responsabilité du troupeau. Il veille au bien-être, à la bonne santé et à la sauvegarde des bêtes.

Les chiens sont de précieux aides. Depuis quelques années, le Patou est devenu indispensable. Ce chien courageux doit conserver une certaine agressivité pour remplir son rôle protecteur. Il est redouté par les nombreux randonneurs qui préfèreraient caresser de gentils toutous de compagnie.

La compagnie du loup est une autre affaire. Seul un chien puissant peut l’affronter et plusieurs Patous sont nécessaires pour protéger le troupeau des attaques éventuelles de loups. Ces mêmes randonneurs sont souvent les partisans de la sauvegarde du loup. Ce genre de contradiction illustre la méconnaissance d’une question qui complique considérablement la vie pastorale.

Le retour au bercail se fait en début d’hiver.
Les brebis retrouvent leurs bergeries très peu de temps avant d’agneler. Elles se reposent, on les soigne, on les nourrit bien dans l’attente de leurs agneaux.